L’Etat d’Israël célèbre cette année le soixantième anniversaire de sa création. A cette occasion, le Salon du Livre de Paris a choisi de mettre en lumière des auteurs Israéliens, arabes et juifs. Une invitation sujette à des polémiques prévisibles, mais déplacées. Et stériles, de mon point de vue, tant la littérature est par essence universelle. 
"Ceux qui appellent au boycottage ne s’opposent pas à la politique d’Israël mais à son existence. Ils disent qu’Israël ne doit pas être au Salon du Livre parce qu’ils pensent tout simplement qu’Israël ne doit pas être… " Je partage cette opinion d’Amos Oz. L’auteur du formidable roman autobiographique "Histoire d’amour et de ténèbres" (Gallimard) est considéré à juste titre comme l’un des écrivains  israéliens parmi les plus importants avec Aharon Appelfeld, ou Avraham B. Yehoshua, mais aussi l'un des plus grands auteurs de la littérature contemporaine. Amos Oz est également connu pour son engagement ardent dans la recherche de la paix entre Israéliens et Palestiniens.
"Dans ce Salon ne sont pas exclus les écrivains arabes israéliens, comme l'atteste la présence de Sayed Kashua et de Naim Araidi au sein de cette délégation. Une identité multiple, à l'image de ce pays, et qui ne se définit en aucun cas comme la négation de l'autre, celle du Palestinien, ce dont témoignent la majorité des écrits des auteurs invités" rappelle utilement David Chemla, président de l'association La paix maintenant dont Amos Oz est l’un des co-fondateurs.
Retrouvez les auteurs invités sur le site du Salon : www.salondulivreparis.com
J’en profite pour vous livrer ma sélection personnelle d’ouvrages parus  récemment : "Vie et mort en quatre rimes", délicieux roman sur l’être profond d’un écrivain par Amos Oz (Gallimard), "Hemingway et la pluie des oiseaux morts" (Gallimard) où Boris Zaidman aborde la question de l’immigration russe en Israël, "Pourquoi n’es-tu pas venue avant la guerre ?" portrait sensible d’une femme rescapée de la Shoah par Lizzie Doron  (éditions Héloïse d’Ormesson).
Je vous recommande également la lecture du n°6 "Spécial Israël" de la revue Le meilleur des mondes, publiée par Denoël. Un document précieux pour comprendre l’évolution et les enjeux de la société israélienne avec ses zones d’ombre et de lumière. A lire aussi "Chrétiens en Terre Sainte : disparition ou mutation ? " un travail de fond mené pare la journaliste Catherine Dupeyron sur de cruciales interrogations (Albin-Michel).
Côté littérature palestinienne, vous trouverez chez Actes Sud l’œuvre incontournable de Mahmoud Darwich, né en 1942 en Galilée, chef de file de la poésie arabe contemporaine, et qui vit  actuellement à Ramallah. A lire également "Checkpoint" roman du député arabe israélien Azmi Bishara (Actes Sud), ainsi que la  trimestrielle Revue d’Etudes Palestiniennes dirigée par Elias Sanbar (édition de Minuit).