
Photo 1 : Dans le studio de Radio Jerico installé au bout du chapiteau du salon de l'Été du livre, Daniel Picouly (le parrain de cette édition) et Patrick Mahé répondent à mes questions en direct, juste après notre table ronde "Mai 68". Cette année, le salon est de retour sur la Place d'Armes à Metz.
68 en camion-poubelle
Chaleureux, drôle, profond, Daniel Picouly s’est avéré un délicieux parrain de l’édition 2008 de l’Eté du Livre (6 au 8 juin 2008 à Metz). Un brillant débatteur aussi puisqu’il a participé avec Patrick Mahé (“68, nos années choc“ chez Plon, un des meilleurs "pavés" photo sur l'époque 68) dans un salon de l’hôtel de ville de Metz archicomble à une rencontre mémorable sur le thème de mai 68. Un sujet qui collait comme à gant à l’auteur de “68, mon amour“ (Grasset), fresque enlevée d’une folle journée. Celle du 29 mai 1968, lorsque le général de Gaulle, fuyant la chienlit estudiantine et ouvrière, s’envole en secret vers Baden-Baden pour demander conseil au général Massu, commandant des forces françaises en Allemagne. A cette époque-là, l’étudiant banlieusard Picouly se rendait à la fac d’Assas dans le camion à ordures de Sergio, car lui au moins avait de l’essence… Cela ne s’invente pas !

Photo 2 : la conférence "les grands reporters, témoins de leur temps" que j'ai le grand plaisir d'animer avec comme invités Sorj Chalandon, Jean-Pierre Perrin et Maurice Padiou (qui remplaça au pied levé Sarah Daniel, indisponible pour cause de reportage).

Photo 3 : Gaston-Paul Effa me succède dans le studio de radio Jerico et va interviewer André et Raphaël Glucksman au sortir de la conférence qu'il vient d'animer avec eux dans le grand salon de l'Hôtel de Ville.

Photo 4 : En pleine discussion avec Malika Mokeddem.
Le désert secret de Malika
Il existe parfois au plus profond de soi de terribles secrets qui ne demandent, tels des fantômes, qu’à resurgir dans notre mémoire. Le mot désert cristallise ainsi les peurs enfantines de l’écrivain algérien Malika Mokeddem qui explore dans “Je dois tout à ton oubli" (Grasset) les méandres d’une mémoire labyrinthe. Un récit puissant et grave, émouvant, sur une blessure secrète et collective à la fois : celle de bébés étouffés à leur naissance dans la complicité du plus grand silence familial. Un drame dont la narratrice a été, enfant, l’involontaire témoin dans le désert saharien et qui la hante inconsciemment. Malika, médecin à Montpellier, et dont c’est le neuvième roman, reconnaît trouver son salut par les livres, les lointains.
La 21e édition de l’Eté du Livre
se déroulera à Metz du 6 au 8 juin 2008 sur le thème « De mai 68 au Tibet, le
livre vecteur de liberté ». Membre du comité de l’Eté du Livre, j’ai
été plus particulièrement chargé de travailler sur la thématique et
l’organisation de rencontres et tables rondes. J’aurai le plaisir d’en
présenter plusieurs, les voici:
Comme Daniel Cohn-Bendit, je
n’ai pas la nostalgie de mai 68 – j’avais tout juste 18 ans alors ! –
mais j’en ai bigrement aimé l’esprit.
Avec « Il y a longtemps
que je t’aime », Philippe Claudel signe en tant que réalisateur son premier
long métrage. Il y dévoile en images une nouvelle et impeccable facette de son
talent de narrateur, de guetteur d’âmes, de révélateur d’instants vrais et
profonds, universels… Philippe a travaillé la matière d’un film
translucide et beau comme une pâte de verre de Daum : coloré dans la masse de
teintes mates et lumineuses, d’une élégance discrète et subtile, à la forme
polissée, aux lignes sensuelles. Une œuvre à la fois fragile et durable, d’une
maîtrise contenue. La marque de Claudel en littérature comme à l’écran. J’ai eu
plaisir à lire, avant de voir le film, la «Petite fabrique des rêves et
réalités» qu’il vient de publier chez Stock en manière d’accompagnement,
d’exploration intime du travail par les mots, après que les images aient été
fixées sur la pellicule. Une démarche révélatrice de la dualité qui hante
l’auteur, fait écho dans son œuvre indissociablement. Cette plongée en amont
dans la matière, l’envers du décor, m’a en quelque sorte exonéré de la position
du spectateur captif. J’étais comme libéré de l’enchaînement narratif des
séquences, me retrouvant dans la position jubilatoire du cinéphile. Celui, par
exemple, qui a vu dix, vingt fois sans jamais se lasser « Les ailes du
désir » de WimWenders tant la richesse de chaque plan, cadrage, chaque
lumière, chaque expression ou dialogue, bruits, son, s’articulent comme autant
de joyaux qui font sens, contribuent de manière inusable à la jouissance de
l’œuvre par la multiplicité, la complémentarité des intentions de l’auteur, des
mondes qu’il dévoile.


Frédéric Clément a
dévoilé les secrets de sa petite "fabrique" à l'occasion de la sortie de son
nouveau livre "Le Passe Musée, Passe Temps, Passe-Passe et
Passementeries" aux éditions Paris-Musées lors d'un sympathique
après-midi où l'on n'a pas vu le temps passer, à la librairie "La Cour des
Grands" à Metz, le 15 décembre 2007.
interview au Café de Flore à
Paris début 2007 lors de la sortie de son 12e roman
Photomontage : Saviano
lors de l'interview du Monde des Livres sur LCI /10 2007 - Collage sur un mur
de Naples 03 2007 © Francis Kochert