Des phrasés émouvants venus du plus profond, un goût ellingtonien du swing bien orchestré, une aisance vocale jubilatoire à la Ella Fitzgerald, décidément, Elisabeth Kontomanou s’inscrit dans la belle tradition des grandes chanteuses de jazz, de Billie Holiday à Carmen Mc Rae. Grâce, aisance, technicité, exigence, respectueuse du répertoire, tout en s’offrant de belles audaces, de solides échappées, Kontomanou a séduit son auditoire samedi 19 janvier 2008 lors d’une soirée mémorable à l’Arsenal de Metz. Elle y enregistrait en public un concert pour lequel elle était accompagnée par Alain Jean-Marie au piano, Thomas Bramerie à la basse, son fils Donald Kontomanou à la batterie, ainsi que les quatre vingt dix musiciens de l’Orchestre National de Lorraine sous la direction de Jacques Mercier. L’occasion de faire briller de mille feux les arrangements de Dale Oehler, un maître du genre dans les années 50 aux States, mais aussi de confier à Gustav Karlström, 22 ans - l’un de ses quatre fils - quelques orchestrations hardies et de l’inviter à la rejoindre sur scène pour un duo jazzy  aux accents funky tout en finesse. Bon sang ne saurait mentir !
Si elle aime interpréter les standards du jazz, Elisabeth Kontomanou au registre vocal sensuel, envoûtant, aime par nature les métissages. De mère grecque et de père guinéen, cette admiratrice de la Callas, possède une beauté, une folie intérieure, une tessiture vocale, une générosité qui lui permettent  toutes les audaces, comme on a pu l’apprécier dans son interprétation du dézingué standard« I put a spell on you » du chanteur de blues Screaming Jay Hawkins. Tant il est vrai qu’Elisabeth, qui n’a guère été épargnée par la vie, a décidément le blues, le jazz chevillés au corps, à l’âme…
A écouter : « Waiting for the Spring », Victoire de la Musique en 2006 ; et le récent « Back to my Groove » (Nocturne)
En savoir plus: www.myspace.com/elisabethkontomanou