Paroles de murs

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dimanche 1 juillet 2007

Sculptures sacrées du Paraguay

photo © Ferrante Ferranti

Le musée du Pays de Sarrebourg présente jusqu'au 9 septembre 2007 un ensemble exceptionnel d'art sacré du Paraguay. Pour la première fois en Europe, une cinquantaine de statues et retables en bois polychrome des XVIIe au XIXe siècle. Provenant des sites des missions franciscaines et jésuites comme Trinidad ou San Ignacio Guazu, ces sculptures sont le reflet d'une culture témoignant à la fois de l'influence temporelle et spirituelle de la conquête espagnole sur les populations indiennes autochtones, mais aussi d'une identité stylistique préservée, au moins partiellement. "Les oeuvres exposées offrent un panorama des styles religieux du Paraguay, mais aussi une part de l'âme des Indiens qui les ont sculptées" explique Dominique Heckenbenner, conservatrice du musée de Sarrebourg, rappelant au passage l'intelligence des Jésuites dans leur esprit de mission, en précurseurs qu'ils furent d'une certaine forme d'utopie sociale. Les Paraguayens eux-mêmes n'ont pas encore vraiment conscience de la valeur de ces oeuvres. Les reproductions du catalogue de l'exposition ont été réalisées par le grand photographe Ferrante Ferranti.
A écouter: Chants sacrés du Paraguay baroque (K617).

dimanche 17 juin 2007

Colères graphiques de Villeglé


photo © F.K.
Jacques de la Villeglé est de retour dans notre Grande Région à l'invitation de la galerie Lucien Schweitzer à Luxembourg où il présente, en juin 2007, le versant graphique son œuvre. Né en 1926 à Quimper, pionnier avec Raymond Hains et Rotella des ready-made urbains poétiques et sociaux qu'étaient les affiches réinterprétées, Villeglé - l'un des piliers du Nouveau Réalisme - s'est longtemps refusé à tout acte de peinture, de traces. A travers des textes aussi poétiques que militants, dans la mouvance de Dada, du lettrisme d'Isidore Izou, récemment disparu, Villeglé a choisi toutefois, vers les années 70, d'en appeler à la résistance intellectuelle, à la quête philosophique de sens. Pour ce faire, il a élaboré un singulier et puissant langage de signes pour composer sous forme d'aphorismes graphiques son alphabet socio-politique, ses saines colères...

mardi 12 juin 2007

L'empathie de Fazal Sheikh


photo © F.K.
Né en 1965 à New York d'un père kenyan et d'une mère américaine, le photographe Fazal Sheikh possède outre une superbe maitrise de l'image, une empathie rare pour ses sujets. Une attention qui l'a conduit à travailler très tôt au Soudan avec le Haut commissariat aux réfugiés des Nations Unies, à une époque où peu de gens encore s'intéressaient au génocide annoncé au Darfour. Là-bas, il a réalisé des portraits de réfugiés réunis dans "A sens of common ground" chez Scala en 1996. Depuis, il a concentré son oeuvre sur la problématique des populations déplacées que ce soit en Afrique de l'Est, en Amérique du Sud ou en Asie. C'est en Inde qu'il a produit au cours de ces dernières années le travail présenté jusqu'au 26 août 2007 à la Fondation Cartier-Bresson, dont il est le lauréat 2005. Ont été réunies des photos noir & blanc que l'on retrouve dans deux ouvrages majeurs édités chez Steidl. Paru en 2005, ''Moksha'' aborde la problématique des veuves indoues qui, victimes des codes culturels et religieux traditionnels, se retrouvent abandonnées. Dans un extrême dénuement matériel et moral elles vont par centaines de milliers vers Vrindavan, ville sainte de l'Inde où elles consacrent le reste de leurs jours à la divinité Krishna. De son côté, ''Ladli'' , qui signifie en hindi ''fille adorée'', au titre paradoxal montre, tout au contraire, à quel point la condition des fillettes est dramatique dans un pays certes en pleine croissance mais lesté encore de tant de préjugés.
Fondation Cartier-Bresson : 2, impasse Lebouis 75014 Paris. Tél 01 56 80 27 03. www.fazalsheikh.org

dimanche 15 avril 2007

Rétrospective Bernard Plossu

Poète du regard, du hasard, de la rencontre, de l'être en mouvement, des errances sans but, le photographe Bernard Plossu chemine depuis la fin des années 60, construisant en noir et blanc son œuvre unique. Grâce à l'exposition rétrospective présentée jusqu'au 27 mai 2007 au Musée d'art moderne et contemporain de Strasbourg, on peut relever lieux et dates d'un parcours singulier au fil d'images à la fois humbles dans leur inspiration et si justes dans leur composition, leur musique, leur ouverture. Foin de la virtuosité technique, l'émotion prime toujours. Comme l'intime, le ressenti. Un artiste à sa juste place: en marge, au-delà, ailleurs. 
A lire absolument:  Bernard Plossu, rétrospective 1963-2006 (éditions des Deux Terres) par Gilles Mora.

dimanche 18 mars 2007

Velickovic


photo © FK - Velickovic dans son atelier en banlieue parisienne.

Le peintre d'origine serbe Vladimir Velickovic présente ses œuvres récentes à la galerie Lillebonne à Nancy. Rencontre avec l'un des ténors du courant de la Figuration Narrative. Un univers graphique somptueux et tragique. Le monde de Velickovic n'est pas gai : il peint la guerre, la tragédie, la souffrance. sur d'immenses toiles aux tons sourds peuplées d'inquiétants corbeaux charognard, rougeoiement d'incendies lointains, arbres calcinés, hommes écorchés. Une grammaire élémentaire de la douleur dont il ne cesse de conjuguer, recomposer les éléments à travers collages, dessins, sérigraphies, toiles, mais qui a toujours l'homme comme sujet, objet, projet.

dimanche 24 septembre 2006

Bizeul : leçon de peinture


photo © F.K.
Après le musée de Saint-Dié durant l'été, le Centre Culturel Jacques Brel à Thionville accueille en cette rentrée 2006  "Un temps et c'est tout", magistrale rétrospective de Christian Bizeul. C'est la première fois que l'on peut voir dans sa continuité, sa cohérence sur une trentaine d'années l'ensemble de l'œuvre de ce peintre lorrain au fort tempérament. En dehors de toute mode ou coterie, il n'a cessé de creuser la question de la vie, de la création. Une interrogation inlassablement au centre de son art. Ce ne sont pas seulement des pâtes acryliques qu'il triture avec talent, générosité, inspiration, mais de la pâte humaine qu'il étale dans ses Vanités, ses Danses macabres. Une peinture qui évoque résolument les grandes questions philosophiques, esthétiques, spirituelles qui nous construisent, relient, font sens. Naviguant à l'intuition, jouant avec les forts vents gonflant les voiles de son imaginaire entre expressionnisme et abstraction, Bizeul explore, défriche inlassablement. A la manière qui est celle des alchimistes cherchant à transmuter les métaux, à changer le plomb de nos existences en or. 

dimanche 11 juin 2006

L'Apocalypse selon Horst Haack


photo © Pascal Brocard

C'est une singulière vision, pleine de souffle, de poésie et de fureur que propose l'artiste allemand Horst Haack avec ses
Chronographies terrestres, journal plastique tenu au jour le jour, au fil des évênements du monde extérieur et de son univers intérieur à l'échelle d'une vie : « J'ai commencé ce journal en 1981 alors que je me trouvais à Paris où je logeais dans une étroite chambre de bonne. C'est la raison pour laquelle je travaillais sur de petits formats contrairement à mes huiles sur toile de l'époque. » L'idée lui est venue un jour d'assembler, de coller les feuillets de ces cahiers. Dans cette entreprise aux allures de sismographe de notre temps, s'exprime le goût de Haack pour les anatomies, sa filiation aux Surréalistes, son admiration pour Odilon Redon. Haack utilise abondamment la technique du transfert, chère à Rauschenberg, qui lui permet d'intégrer aux textes images et collages d'actualité puisés dans des revues et rehaussés de gouache, aquarelle, trait. Haack n'exclut pas dans son œuvre le caractère spirituel de sa quête au delà de toute religion. Son Apocalypse selon Martin Luther King présentée à la Chapelle des Trinitaires à Metz en est la parfaite et puissante illustration.

dimanche 15 janvier 2006

Mueck, question d'échelle


photo © F.K.
Le Muppets Show mène à tout, à condition d'en sortir. C'est ce qu'a su faire l'artiste australien Ron Mueck.
Après avoir travaillé dans la délirante équipe de marionnettistes du show de Jim Hanson, il a décidé de voler de ses propres ailes. Son truc, c'est la sculpture hyperréaliste. Ron crée des personnages en silicone et fibre de verre saisissants de ressemblance. Ses modèles sont humains, au cheveu près. Sauf que, nains ou géants, ne sont pas conçus à notre échelle, comme on a pu le voir à la Fondation Cartier pour l'Art Contemporain à Paris, métamorphosée le temps de cette expo (jusqu'au 12 février 2006) en palais de Gulliver. Le visiteur oscille entre admiration et trouble, confronté à l'expressivité de sculptures plus faussement vraies que nature.

lundi 24 octobre 2005

Merci Willy !

Willy Ronisphoto © F.K.
Paris - 7 octobre 2005 - Paris
Grande exposition à l'Hôtel de Ville à Paris, sortie de deux livres, à 95 ans, le photographe Willy Ronis a toujours bon pied, bon oeil. Photo prise chez lui, dans son bureau, lors d'une entretien pour France Culture avec Colette Fellous, émission Carnets Nomades.
Willy Ronis à Paris. Exposition gratuite, à l'Hôtel de Ville, Paris (IVe), jusqu'au 18 février 2006.
à lire : «Paris éternellement» (200 photographies), «Instants dérobés». Et aussi, un article intéressant : sur le site de L'Express.

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