Israël au Salon du Livre : polémiques stériles
Par Francis le mardi 11 mars 2008, 23:26 - Littérature - Lien permanent
L’Etat d’Israël célèbre cette année le soixantième anniversaire de
sa création. A cette occasion, le Salon du Livre de Paris a choisi de
mettre en lumière des auteurs Israéliens, arabes et juifs. Une invitation
sujette à des polémiques prévisibles, mais déplacées. Et stériles, de mon point
de vue, tant la littérature est par essence universelle.
"Ceux qui appellent au
boycottage ne s’opposent pas à la politique d’Israël mais à son existence. Ils
disent qu’Israël ne doit pas être au Salon du Livre parce qu’ils pensent tout
simplement qu’Israël ne doit pas être… " Je partage cette opinion
d’Amos Oz. L’auteur du formidable roman autobiographique "Histoire d’amour
et de ténèbres" (Gallimard) est considéré à juste titre comme l’un des
écrivains israéliens parmi les plus importants avec Aharon Appelfeld, ou
Avraham B. Yehoshua, mais aussi l'un des plus grands auteurs de la littérature
contemporaine. Amos Oz est également connu pour son engagement ardent dans la
recherche de la paix entre Israéliens et Palestiniens.
"Dans ce Salon ne sont
pas exclus les écrivains arabes israéliens, comme l'atteste la présence de
Sayed Kashua et de Naim Araidi au sein de cette délégation. Une identité
multiple, à l'image de ce pays, et qui ne se définit en aucun cas comme la
négation de l'autre, celle du Palestinien, ce dont témoignent la majorité des
écrits des auteurs invités" rappelle utilement David Chemla, président
de l'association La paix maintenant dont Amos Oz est l’un des
co-fondateurs.
Retrouvez les auteurs invités sur le site du Salon : www.salondulivreparis.com
J’en profite pour vous livrer ma sélection personnelle d’ouvrages parus
récemment : "Vie et mort en quatre rimes", délicieux roman sur l’être
profond d’un écrivain par Amos Oz (Gallimard), "Hemingway et la pluie des
oiseaux morts" (Gallimard) où Boris Zaidman aborde la question de
l’immigration russe en Israël, "Pourquoi n’es-tu pas venue avant la guerre
?" portrait sensible d’une femme rescapée de la Shoah par Lizzie
Doron (éditions Héloïse d’Ormesson).
Je vous recommande également la lecture du n°6 "Spécial Israël" de la
revue Le meilleur des mondes, publiée par Denoël. Un
document précieux pour comprendre l’évolution et les enjeux de la société
israélienne avec ses zones d’ombre et de lumière. A lire aussi "Chrétiens
en Terre Sainte : disparition ou mutation ? " un travail de fond mené pare
la journaliste Catherine Dupeyron sur de cruciales interrogations
(Albin-Michel).
Côté littérature palestinienne, vous trouverez chez Actes Sud l’œuvre
incontournable de Mahmoud Darwich, né en 1942 en Galilée, chef de file de la
poésie arabe contemporaine, et qui vit actuellement à Ramallah. A lire
également "Checkpoint" roman du député arabe israélien Azmi Bishara
(Actes Sud), ainsi que la trimestrielle Revue d’Etudes
Palestiniennes dirigée par Elias Sanbar (édition de Minuit).