mur de Berlin en 2005 à Podsdammerplatz
Photo © Francis Kochert / Berlin 2005
Comment ne pas mentionner sur un blog intitulé "Paroles de Murs" la parution en cet automne 2007 du n° 31 de la revue Cités (Presses Universitaires de France) intitulé " Murs et frontières, De la chute du mur de Berlin aux murs du XXIe siècle"... Yves Charles Zarka y développe notamment , dans son éditorial, une distinction fondamentale entre frontière et mur, la frontière étant le symbole d'une reconnaissance mutuelle de la différence de soi et de l'autre - qui n'empêche pas les échanges, les passages - tandis que le mur est de qui divise, sépare, empêche. Mais alors que la mondialisation, la globalisation , la déterritorialisation, la nomadisation s'accentuent dans les relations et circulations internationales, comme par réaction des murs s'édifient pour tenter d'endiguer, de conserver, de protéger. C'est particulièrement sensible concernant ceux qui ont été construits en Californie entre les Etats-Unis et le Mexique ou entre Israël et les Territoires Palestiniens pour ne citer que les plus récents. Reste que ces murs s'accompagnent de traces, de signes, de "murmures" qui - comme naguère sur celui de Berlin - en dénoncent la présence, la brutalité, la violence. Ces murs-écrans, ces territoires d'interdiction qui deviennent surface d'expression où, pour reprendre le célèbre slogan de 1968 "Il est interdit d'interdire", se métamorphosent, comme le dit justement Jean-Michel Durafour dans son article "Murs,murs" en un "obstacle qui donne à voir".
Cités n°31: http://www.puf.com