L'empathie de Fazal Sheikh
Par Francis le mardi 12 juin 2007, 12:40 - Photo - Lien permanent

photo © F.K.
Né en 1965 à New York d'un père kenyan et d'une mère américaine, le photographe Fazal Sheikh possède outre une superbe maitrise de l'image, une empathie rare pour ses sujets. Une attention qui l'a conduit à travailler très tôt au Soudan avec le Haut commissariat aux réfugiés des Nations Unies, à une époque où peu de gens encore s'intéressaient au génocide annoncé au Darfour. Là-bas, il a réalisé des portraits de réfugiés réunis dans "A sens of common ground" chez Scala en 1996. Depuis, il a concentré son oeuvre sur la problématique des populations déplacées que ce soit en Afrique de l'Est, en Amérique du Sud ou en Asie. C'est en Inde qu'il a produit au cours de ces dernières années le travail présenté jusqu'au 26 août 2007 à la Fondation Cartier-Bresson, dont il est le lauréat 2005. Ont été réunies des photos noir & blanc que l'on retrouve dans deux ouvrages majeurs édités chez Steidl. Paru en 2005, ''Moksha'' aborde la problématique des veuves indoues qui, victimes des codes culturels et religieux traditionnels, se retrouvent abandonnées. Dans un extrême dénuement matériel et moral elles vont par centaines de milliers vers Vrindavan, ville sainte de l'Inde où elles consacrent le reste de leurs jours à la divinité Krishna. De son côté, ''Ladli'' , qui signifie en hindi ''fille adorée'', au titre paradoxal montre, tout au contraire, à quel point la condition des fillettes est dramatique dans un pays certes en pleine croissance mais lesté encore de tant de préjugés.
Fondation Cartier-Bresson : 2, impasse Lebouis 75014 Paris. Tél 01 56 80 27 03. www.fazalsheikh.org