photo © F.K.
Après le musée de Saint-Dié durant l'été, le Centre Culturel Jacques Brel à Thionville accueille en cette rentrée 2006  "Un temps et c'est tout", magistrale rétrospective de Christian Bizeul. C'est la première fois que l'on peut voir dans sa continuité, sa cohérence sur une trentaine d'années l'ensemble de l'œuvre de ce peintre lorrain au fort tempérament. En dehors de toute mode ou coterie, il n'a cessé de creuser la question de la vie, de la création. Une interrogation inlassablement au centre de son art. Ce ne sont pas seulement des pâtes acryliques qu'il triture avec talent, générosité, inspiration, mais de la pâte humaine qu'il étale dans ses Vanités, ses Danses macabres. Une peinture qui évoque résolument les grandes questions philosophiques, esthétiques, spirituelles qui nous construisent, relient, font sens. Naviguant à l'intuition, jouant avec les forts vents gonflant les voiles de son imaginaire entre expressionnisme et abstraction, Bizeul explore, défriche inlassablement. A la manière qui est celle des alchimistes cherchant à transmuter les métaux, à changer le plomb de nos existences en or.