photo © F.K.
Sept sculptures monumentales en acier ont investi durant tout l'été les parcs et espaces verts en périphérie de l'Arsenal de Metz en écho aux peintures mathématiques de Bernar Venet qui y sont exposées à l'occasion d'une grande rétrospective.
Figure majeure de l'art conceptuel et de la sculpture contemporaine, Bernar Venet a su rester accessible, chaleureux. Partageant son temps entre Paris, le Midi de la France et New York, il revendique son côté résolument inclassable, ses propositions formelles radicales, l'illisibilité de ses sujets qu'il s'agisse de ses silencieuses mais tellement élaborées sculptures minimalistes en acier épousant idéalement les espaces qu'elles investissent, redessinent, ou de ses toiles couvertes de mystérieuses équations mathématiques.
"Dans les années 60, j'utilisais déjà ce langage pour enrichir un système de signes jamais exploré en art." La recherche d'une abstraction maximale produit un non-référentiel qui est la marque de sa création et qu'il matérialise à travers des formules abstraites. Un univers à la fois d'une complexité extrême et d'une grande simplicité formelle. "C'est une manière pour moi d'introduire des symboles nouveaux dans l'art. Car lorsque des oeuvres d'art sont accrochées, les gens se projettent sur elles, leur éventuelle signification en fonction de leur culture. Comme Franck Stella, je revendique: ce que vous voyez, c'est ce que vous voyez..." Inutile de chercher à résoudre les équations transposées sur la toile. Venet lui même n'en connaît pas le sens. Il veut juste en montrer la trace, le signe en tant que tel.