Paroles de murs

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lundi 10 mars 2008

Lionel Borla, l'autre “fada”


Mur avec tag près de l'Acropole à Athènes - photo © Lionel Borla

Connaissant ma passion des murs, d’un récent voyage en Grèce, Lionel m’a envoyé la photo ci-dessus à partager. Pour découvrir son univers à lui, je vous invite à faire un détour buissonnier vers son site http://lionelborla.free.fr  Comme son maître à penser, l’architecte Le Corbusier, il est un peu fada mon ami peintre Lionel Borla ! Solidement diplômé en architecture, il a choisi de consacrer sous le ciel généreux de Marseille son temps et son énergie à célébrer les noces fructueuses de la musique, de l’architecture et de la peinture. Un univers épuré, élégant, cultivé où l’homme, échelle du monde, occupe une place quasi métaphysique. Hanté par la Cité Radieuse du Corbu, qu’il inscrit à l’envi comme un leitmotiv dans ses œuvres, Lionel Borla édifie en bâtisseur de rêves, une œuvre singulière, profondément humaine et sensible, attachante. Ce délicieux ami et guide impeccable du bâti marseillais rencontré il y a deux ans au hasard d’une travée du salon d’art contemporain Art’Metz y sera à nouveau présent cette année.
Je conseille également aux visiteurs de ce blog un hôtel pas comme les autres, puisqu’il se situe au cœur même de l’unité d’habitation Le Corbusier à Marseille, dans le jus et mobilier d’époque ! Un must. Les passionnés d’architecture et d’art contemporain adoreront. www.hotellecorbusier.com
Lionel Borla sera présent au salon d'art contemporain Art'Metz du 4 au 7 avril 2008.

dimanche 2 mars 2008

Les murs de Roswitha


Photo © Roswitha Guillemin

Fraternité de la toile, je viens d’entrer en contact  avec Roswitha Guillemin, et je m’empresse de vous renvoyer sur son site, son blog, son univers créatif. C’est bon de savoir qu’ici, là, ailleurs, des mondes se tracent, s’inventent dans le même registre de sensibilité, finissent par se rencontrer. André Breton appelait cela « le hasard objectif », une théorie poétique qu’il développe avec intuition dans son roman « Nadja », une de mes œuvres de référence avec « Le tropique du cancer » d’Henry Miller, « Le voyage au bout de la nuit » de Louis-Ferdinand Céline et « Histoire d’amour et de ténèbre » d’Amos Oz.
De parcours lointains en voyages immobiles, d’engagements militants en complicités artistiques, Roswitha traque en images les pelures de peau du monde sur les murs de Paris et d’ailleurs. Elle a également une activité graphique inspirée dans le registre et convivial du « mail art », dont Forest et Folon furent d’inspirés précurseurs. En signal amical, elle m’envoie une photo de mur prise devant la maison de Gainsbourg dans le Quartier Latin. À partager !
Contact : Roswitha Guillemin
http://www.roswitha-guillemin.com et http://roswithaguillemin.zeblog.com
et aussi http://www.completement-timbrees.com

lundi 25 février 2008

Kontomanou, jazz à l’âme


Des phrasés émouvants venus du plus profond, un goût ellingtonien du swing bien orchestré, une aisance vocale jubilatoire à la Ella Fitzgerald, décidément, Elisabeth Kontomanou s’inscrit dans la belle tradition des grandes chanteuses de jazz, de Billie Holiday à Carmen Mc Rae. Grâce, aisance, technicité, exigence, respectueuse du répertoire, tout en s’offrant de belles audaces, de solides échappées, Kontomanou a séduit son auditoire samedi 19 janvier 2008 lors d’une soirée mémorable à l’Arsenal de Metz. Elle y enregistrait en public un concert pour lequel elle était accompagnée par Alain Jean-Marie au piano, Thomas Bramerie à la basse, son fils Donald Kontomanou à la batterie, ainsi que les quatre vingt dix musiciens de l’Orchestre National de Lorraine sous la direction de Jacques Mercier. L’occasion de faire briller de mille feux les arrangements de Dale Oehler, un maître du genre dans les années 50 aux States, mais aussi de confier à Gustav Karlström, 22 ans - l’un de ses quatre fils - quelques orchestrations hardies et de l’inviter à la rejoindre sur scène pour un duo jazzy  aux accents funky tout en finesse. Bon sang ne saurait mentir !
Si elle aime interpréter les standards du jazz, Elisabeth Kontomanou au registre vocal sensuel, envoûtant, aime par nature les métissages. De mère grecque et de père guinéen, cette admiratrice de la Callas, possède une beauté, une folie intérieure, une tessiture vocale, une générosité qui lui permettent  toutes les audaces, comme on a pu l’apprécier dans son interprétation du dézingué standard« I put a spell on you » du chanteur de blues Screaming Jay Hawkins. Tant il est vrai qu’Elisabeth, qui n’a guère été épargnée par la vie, a décidément le blues, le jazz chevillés au corps, à l’âme…
A écouter : « Waiting for the Spring », Victoire de la Musique en 2006 ; et le récent « Back to my Groove » (Nocturne)
En savoir plus: www.myspace.com/elisabethkontomanou

dimanche 13 janvier 2008

Copeaux cosmique


Il y a l'art et la manière. L'art et la matière aussi. Bernard Copeaux enduit les surfaces de ses sculptures et peintures d'une matière fécale animale que l'on nomme bouse de vache.
Parlons plutôt de pâte d'herbe. Mais aussi bien d'alchimie, de transmutation des végétaux. Partant du principe qu'en Inde, où l'artiste-voyageur-philosophe séjourna, la vache est sacrée, ses déjections peuvent l'être tout autant. En quelque sorte la partie d'un grand tout. C'est ce que s'est dit l'artiste, ruminant sur le sens de la vie, lorsqu'il tomba sur la galette philosophale. Si le bonheur est dans le pré, Copeaux trouva le sien sous la forme d'une galette séchée qu'il s'empressa de ramener comme un trophée en son presbytère atelier de Courcelles-sur-Nied, en Moselle.
La chose végétale, quasi fossilisée, allait y végéter jusqu'à l'heure de la mystique révélation : avec de l'infiniment modeste, on pouvait aller au cœur de l'infiniment grand. Comme des poussières d'étoiles, les toiles, les objets allaient désormais se vêtir d'un manteau végétal mâché, malaxé, étonnamment plastique et doux d'aspect, d'une matière aussi vivante que naturelle. Copeaux créa son monde et le trouva vachement bien. Nous aussi. De ses toiles, qui sont autant de cartographies mystérieuses, surgissent en relief d'improbables constellations. Un art métaphysique, poétique et d'une grande humanité. Un artiste épatant, important.
  • Exposition Bernard Copeaux du 18 janvier au 23 février.
    Galerie Trait d'Union à Neufchâteau (Vosges) du mardi au samedi de 14h à 19h et le dimanche de 15h à 18h.
  • sur le net : galerie photo d'œuvres de Bernard Copeaux

samedi 12 janvier 2008

2008, année fertile

Les traditions ont du bon. Surtout s'il s'agit de souhaiter aux amis, aux lecteurs de ce blog une année riche en émotions, en créativité, en fraternité.
Il est agréable et passionnant d'avancer ensemble dans ces marges électroniques, ces nouveaux territoires à découvrir, à partager !
Comme vous l'avez peut-être remarqué, le blog a hiberné pendant quelques semaines pour cause de fêtes de fin d'année - on appelle joliment cette période "la trêve des confiseurs" - mais aussi parce que je préparais quelques projets personnels et associatifs dont je vous reparlerai bientôt.

dimanche 16 décembre 2007

Claudel et Clément - suite en images



ACTE I
Rencontre mémorable avec Philippe Claudel à la Librairie Geronimo à Metz autour de son dernier roman "Le Rapport de Brodeck", Prix Goncourt des Lycéens 2007. De droite à gauche : Jacques Fourès, l'ami libraire, Philippe Claudel, l'ami romancier, Jean-Paul Anderbourg dit "Pop's", l'ami président de l'association "Méridienne", initiatrice de la rencontre, qui a co-animé le débat dans le grand escalier de la librairie avec votre serviteur, le dernier à gauche sur le photo !


photos © Sylvie Becker

Ambiance générale de la librairie Geronimo juste avant l'arrivée de Philippe. Salle(s) comble(s) évidemment ! Ce fut l'occasion d'inaugurer "les rencontres de l'escalier" puisque l'auteur et les deux animateurs se sont installés en haut des marches pour que le public réparti sur les deux étages puisse profiter du débat, toujours passionnant avec un auteur de cette trempe.

ACTE II

Frédéric Clément a dévoilé les secrets de sa petite "fabrique" à l'occasion de la sortie de son nouveau livre "Le Passe Musée, Passe Temps, Passe-Passe et Passementeries" aux éditions Paris-Musées lors d'un sympathique après-midi où l'on n'a pas vu le temps passer, à la librairie "La Cour des Grands" à Metz, le 15 décembre 2007.
L'occasion aussi bien sûr de reparler de "Grains de Beauté" sorti en début d'année et qui fait une belle carrière. A savourer aussi en extraits doux à l'oreille, mis en sons par l'auteur (sur son blog) qui ajoute un rare talent de récitant à sa palette déjà riche. Nous, on ne s'en lasse pas et d'ailleurs bientôt une surprise, mais chut… nous en reparlons plus tard ! 


photos © Sylvie Becker & Francis Kochert

lundi 3 décembre 2007

Claudel et Clément à Metz

J'aurai le plaisir d'animer deux rencontres littéraires à Metz en ce début décembre
  • vendredi 7/12 à 19h rendez-vous avec Philippe Claudel à la librairie Geronimo, rue Ambroise Thomas, autour de son livre "Le rapport de Brodeck", prix Goncourt des lycéens 2007, publié chez Stock. Voir chronique dans mon site.
  • samedi 15/12 à 15h rendez-vous avec Frédéric Clément à la librairie La Cour des Grands, rue Taison, autour de son livre "Grains de beauté" publié chez Actes Sud. Voir billet du 1/7/07 sur ce blog.

dimanche 2 décembre 2007

Des murs entre les hommes, un tour du monde


Mur à Abou Dis, Jerusalem Est / 2005 © Francis Kochert

Près de vingt ans après la chute du mur de Berlin, de nombreux murs subsistent et séparent encore des peuples, tandis que d’autres se construisent. Alexandra Novosseloff et Frank Neisse  (La Documentation Française, novembre 2007) nous proposent avec "Des murs entre les hommes" un voyage planétaire édifiant. Celui-ci nous conduit sur la frontière entre les deux Corées à la ligne verte de Chypre en passant le mur de sable du désert sahraoui, le mur frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, les enclaves espagnoles de Mellila et Ceuta au Maroc, la barrière électrifiée du Cachemire, territoire « disputé » entre Inde et Pakistan, la clôture israélienne… sans oublier les peacelines de Belfast !
Férus de géopolitique, Alexandra Novosseloff et Frank Neisse ont parcouru le monde durant deux ans afin de dresser un état des lieux peu reluisant. Mais avec, heureusement,  des murs qui parfois ne demandent parfois aussi qu’à tomber « comme des fruits trop mûrs ». C’est vrai à Chypre, ce le sera bientôt à Belfast vraisemblablement. Richement documenté et illustré,"Des murs entre les hommes" s'impose comme une publication de référence sur la problématique des murs . Cet ouvrage a bénéficié du soutien du Centre Thucydide, université Panthéon-Assas (Paris II) où Alexandra est chercheur associé.

mardi 27 novembre 2007

Yves Simon : séduisantes "Rumeurs"

interview au Café de Flore à Paris début 2007 lors de la sortie de son 12e roman
Photo © Francis Kochert

Bonne nouvelle ! Yves Simon, que je croise avec affection depuis bientôt trente ans, a repris, chose rare, sa guitare pour composer «Rumeurs» (Barclay), son douzième disque. Objet sonore sensuel, mélancolique et beau, il est dédié à Patrice, sa muse métisse. Cette dernière a inspiré de manière aérienne et amoureuse, l’ultime des treize compositions finement ciselées qui composent cet album et forment autant d'épures, d'invitations au voyage dans le présent de nos émotions comme ces duos exquis sur « La rumeur » avec Angela Molina  ou, avec l’impeccable icône Françoise Hardy, « Aux fenêtres de ma vie ». Tout l’art de peindre en deux minutes trente une aquarelle aux couleurs pastel séchées à l’air du temps. "Du Yves Simon magnétique, classique et pourtant renouvelé, superbement mis en valeur par Jean-Louis Piérot (réalisateur pour Bashung, Miossec, Daho...), dont les arrangements classieux et discrets sertissent des mélodies habitées, comme s’ils devinaient l’importance de l’occasion…", écrit en fin connaisseur Yves Bigot. (Pour mémoire,  concert à l'Olympia le 12 mars 2008.)
Dans la foulée parait un dictionnaire intime chez Calmann-Levy. Des "Epreuves d'artiste" qui portent bien leur nom. Yves jongle avec 250 mots qui lui tiennent au corps, à l'âme. Cet abécédaire convoque les Vosges d'enfance heureuse à Contrexéville, raconte le parcours de musique en mots, rappelle la passion obsédante de l'auteur pour les ailleurs, les images, le cinéma, ce "miroir d'un monde accordé à nos désirs" selon la belle formule d'André Bazin.

Au fil des pages et des souvenirs on croise la silhouette de Juliet (Berto), François (Mitterrand), Serge (Gainsbourg) et les autres dans ce jeu de piste embrumé d'alcool et de gourmandes volutes de havane, d'histoires d'amour parfois tristes, forcément. Balançant entre esthétique et engagement, avec cette insoutenable légèreté de l'être revendiquée comme un art de vivre, comme une matière à façonner les mondes qu'il habite, qui le hantent, Yves Simon déambule en fredonnant sa petite mélodie fragile, entêtante, fraternelle, sensible, élégante, désabusée, aimante. Quelque chose qui ressemble sans caricaturer à cette couleur estompée qui est sa marque, sa façon d'être, d'aller, ces gris délicats propices aux nuances, ces bleus à l'âme esquissés. Des "Epreuves d'artiste" qui constituent un prolongement naturel à son douzième roman "Je voudrais tant revenir" (éditions du Seuil), paru en février 2007, et que je tiens pour l'un de ses meilleurs. (Lire chronique sur mon site).

lundi 19 novembre 2007

JR... c'est géant


intervention murale de JR - Rencontres photographiques internationales - Arles / été 2007 © Francis Kochert
Le photographe autodidacte et plasticien urbain JR aime tisser du lien avec optimisme à travers ses œuvres en papier collé, comme le prouve de manière magistrale son travail "Face2Face, Israelis and Palestinians – Portraits of twin Brothers." Malgré le mur qui les sépare, Palestiniens et Israéliens possèdent, qu’ils le veuillent ou non, un avenir étroitement lié. Après avoir collé in situ en mars 2007 ses portraits croisés géants et hilares des deux communautés sur les deux côtés du mur  - « barrière de protection » selon les Israéliens ou « mur de la honte » selon les Palestiniens - JR a présenté grandeur nature ce travail remarquable et remarqué cet été aux rencontres Internationales de Photographies d’Arles (portfolio à venir sur mon site). On peut également retrouver l'ensemble du projet dans un épatant et indispensable grand livre broché : "Face2Face" par JR , textes de Marco (éditions Alternatives 2007).
A conserver absolument, également, le numéro de Libération 8252 des samedi 17 et dimanche 18 novembre 2007 dédié à l’art urbain de JR intitulé « JR s’affiche dans Libération et à Paris », un numéro collector… avec couverture à coller soi même sur les murs, mode d’emploi inclus. On peut voir sur le site de JR une vidéo de sa performance à Paris. "JR veut détourner nos regards, casser nos lectures. En collant ses affiches, il colle aux actualités du monde..." écrit très justement François Sergent dans son édito de Libé.
  • Vivement recommandé, le site de JR : www.jr-art.net
  • Ecrire à JR : face2faceproject (at) gmail.com

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