Paroles de murs

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vendredi 20 juin 2008

L’Algérie de Christian et Karim

L’un, passionné d’univers urbains, a découvert pour la première fois Alger en 2006, sa lumière méditerranéenne, sa poésie de ville portuaire fascinante et déglinguée, l’énergie de sa population attachante et sa jeunesse bridée. Une révélation.

L‘autre a puisé ses racines, son inspiration, sa générosité dans son Constaninois natal, rugueux et fier. Tous deux sont photographes à Metz, l’un à la Mairie de Metz, l’autre au Républicain Lorrain.

Christian Legay et Karim Siari étaient faits pour se rencontrer. Ils possèdent une même et exigeante passion professionnelle pour l’image, mais aussi un goût des autres inné. Leurs images croisées, exposées une première fois  dans le hall d’accueil du théâtre de Metz l’an dernier, ont trouvé le chemin des Trinitaires où ils proposent leur regard croisé, fertile, nourrissant sur une Algérie complexe et méconnue.

À découvrir à travers deux styles, deux approches complémentaires de l’image une même passion de la lumière, des couleurs et des formes, des cultures et des gens.



photo 1 © Christian Legay. Photo 2 © Karim Siari.

L'Algérie. Photographies de Christian Legay et Karim Siari.
Exposition auxTrinitaires à Metz jusqu’au 29 juin, de 14h à 19h.

mercredi 18 juin 2008

PHOTO 08 exposition à Crid'Art

Une première sélection de l'expo.


L'entrée de la galerie Crid'Art à Amnéville.


Murs de Naples - Francis Kochert


Photos d'Olivier Brocard - travail en noir et blanc où la géométrie est en ligne de mire.


Hervé Szydlowski interviewé devant ses photos


Photos d'Hervé Szydlowski - le corps comme territoire.


Éric Dydim devant ses photos
Photos © Francis Kochert - reproduction interdite sans autorisation

vendredi 13 juin 2008

Murs de Naples à Crid'Art


La galerie Crid’Art à Amnéville-les-Thermes (57) présente jusqu’au 27 juillet 2008 « Photo 08 », une exposition collective où j’accroche ma série de 16 images de murs prise à Naples, présentée en avril dernier à la Biennale de l'image de Nancy.
L’an dernier, à Naples, j’ai traqué une tradition murale deux fois millénaire avec des fresques antiques à Pompéi, mais aussi l’expression ardente de cette cité portuaire fascinante et déglinguée,  lieu de tous les trafics. Sur les murs, d’une grande richesse graphique, s’exprime l’intensité de l’identité culturelle napolitaine, tout comme le poids de la religion et des croyances (le sang de Saint Janvier), de la tradition ou l’omniprésence de la mafia locale, la Camorra, dans le tissus économique, politique, urbain. Un « système » dénoncé par le journaliste et écrivain Roberto Saviano dans «Gomorra» (voir mon autre billet dans ce blog), et à qui je dédie cette série.

Parmi les photographes invités à cette expo collective je vous recommande particulièrement le travail graphique puissant d’Eric Didym, l’hommage à Rimbaud  et la série « Touba » d’Eric Guglielmi, l’univers en noir et blanc intimiste d’Olivier Brocard  ainsi que les saisissantes images d’Hervé Szydlowski sur le corps humain vieillissant.
À consulter :
Roberto Saviano : www.robertosaviano.it
La galerie Crid'Art : www.cridart.com
Eric Didym : www.eric.didym.free.fr
Eric Guglielmi : www.ericg.fr
Hervé Szydlowski : www.herve-szydlowski.com


Photos © Francis Kochert - reproduction interdite sans autorisation

mardi 10 juin 2008

Eté du livre 2008, quelques photos en passant…



Photo 1 : Dans le studio de Radio Jerico installé au bout du chapiteau du salon de l'Été du livre, Daniel Picouly (le parrain de cette édition) et Patrick Mahé répondent à mes questions en direct, juste après notre table ronde "Mai 68". Cette année, le salon est de retour sur la Place d'Armes à Metz.

68 en camion-poubelle
Chaleureux, drôle, profond, Daniel Picouly  s’est avéré un délicieux  parrain de l’édition 2008 de l’Eté du Livre (6 au 8 juin 2008 à Metz). Un brillant débatteur aussi puisqu’il a participé avec Patrick Mahé  (“68, nos années choc“ chez Plon, un des meilleurs "pavés" photo sur l'époque 68) dans un salon de l’hôtel de ville de Metz archicomble à une rencontre mémorable sur le thème de mai 68. Un sujet qui collait comme à gant à l’auteur de “68, mon amour“ (Grasset), fresque enlevée d’une folle journée. Celle du 29 mai 1968, lorsque le général de Gaulle, fuyant la chienlit estudiantine et ouvrière, s’envole en secret vers Baden-Baden pour demander conseil au général Massu, commandant des forces françaises en Allemagne. A cette époque-là, l’étudiant banlieusard Picouly se rendait à la fac d’Assas dans le camion à ordures de Sergio, car lui au moins avait de l’essence… Cela ne s’invente pas !

Photo 2 : la conférence "les grands reporters, témoins de leur temps" que j'ai le grand plaisir d'animer avec comme invités Sorj Chalandon, Jean-Pierre Perrin et Maurice Padiou (qui remplaça au pied levé Sarah Daniel, indisponible pour cause de reportage).

Photo 3 : Gaston-Paul Effa me succède dans le studio de radio Jerico et va interviewer André et Raphaël Glucksman au sortir de la conférence qu'il vient d'animer avec eux dans le grand salon de l'Hôtel de Ville.


Photo 4 : En pleine discussion avec Malika Mokeddem.
Le désert secret de Malika

Il existe parfois au plus profond de soi de terribles secrets qui ne demandent, tels des fantômes, qu’à resurgir dans notre mémoire. Le mot désert cristallise ainsi les peurs enfantines de l’écrivain algérien Malika Mokeddem qui explore dans “Je dois tout à ton oubli" (Grasset) les méandres d’une mémoire labyrinthe. Un récit puissant et grave, émouvant, sur une blessure secrète et collective à la fois : celle de bébés étouffés à leur naissance dans la complicité du plus grand silence familial.  Un drame dont la narratrice a été, enfant, l’involontaire témoin dans le désert saharien et qui la hante inconsciemment. Malika, médecin à Montpellier, et dont c’est le neuvième roman, reconnaît trouver son salut par les livres, les lointains.

photos © Sylvie Becker - reproduction interdite sans autorisation

mardi 3 juin 2008

Eté du livre 2008, paroles de liberté

La 21e édition de l’Eté du Livre se déroulera à Metz du 6 au 8 juin 2008 sur le thème « De mai 68 au Tibet, le livre vecteur de liberté ». Membre du comité de l’Eté du Livre, j’ai été plus particulièrement chargé de travailler sur la thématique et l’organisation de rencontres et tables rondes. J’aurai le plaisir d’en présenter plusieurs, les voici:

Vendredi 6 juin - 16h00
à l'Ecole Supérieure des Arts de Metz (amphi)

« Shigeru Ban, architecture et liberté » avec
Shigeru Ban et Jean de Gastines, architectes du centre Pompidou Metz,
Christian Debize, directeur de l’ESAM


Samedi 7 juin 2008 - 14 h30 à l’Hôtel de Ville de Metz

Table ronde « Mai 68 » avec
Daniel Picouly  « 68 mon amour » éditions Grasset
Patrick Mahé «  Nos années choc 68 » éditions Plon
Michelle Zancarini-Fournel «  Le Moment 68 » éditions du Seuil
Roland Castro, architecte, témoin de Mai 68


Dimanche 8 juin 2008 - 11 h 00 à la Maison Rabelais, en Jurue à Metz

Yves Thouvenel : le comédien fera une lecture publique de textes d’Aimé Césaire et de Germaine Tillion


Dimanche 8 juin 2008 - 14 h 30 à l’Hôtel de Ville de Metz

« Les grands reporters, témoins de l’histoire » avec
Sorj Chalandon, ancien grand reporter à Libération, auteur de « Mon traître », (éditions Grasset)
Jean-Pierre Perrin, grand reporter à Libération
Sarah Daniel, grand reporter du Nouvel Observateur

Programme complet de toutes les conférences sur: www.etedulivre.com (rubrique programme)

vendredi 30 mai 2008

Georges Rousse, tour d'un monde


Georges Rousse (au centre) entouré de Kenny Dalsheimer et Pénélope Maunsell, les auteurs du documentaire " Bending space : Georges Rousse and the Durham Project " à Paris à la Maison Européenne de la Photographie. Photo © Francis Kochert - mai 2008

Est-il photographe, peintre, poète de l’espace et de la couleur ? Georges Rousse s’avère franchement inclassable. Avec son air de Tintin malicieux, il a toujours une valise à l’embarquement pour Lima, Rio, Luxembourg, Durham, Bhaktapur...
Un métier d’ambassadeur de l’œil en quelque sorte. Chaleureux, serein, concentré, Georges ressemble à ses œuvres, à cette insatiable quête d’espaces plastiques en trompe-l’œil qui se révèlent dans leur perfection formelle en un seul point du regard. Cette géométrie colorée, il l’invente dans des hangars désaffectés, des usines qui sentent encore le labeur de l’homme et les ravages des naufrages industriels. Il travaille avec une maîtrise parfaite et une concentration experte l’occupation du vide-plein, la pureté des formes jaillies de la mémoire.
La Maison Européenne de la Photographie à Paris présente jusqu’au 8 juin une rétrospective réunissant trente années de création fertile de cet artiste épatant. A cette occasion est publié Georges Rousse, tour d’un monde (1981-2008),  catalogue en forme de pavé essentiel, aux éditions Actes Sud.
A voir également sur place, le film documentaire réalisé à Durham en 2006 par Pénélope Maunsell et Kenny Dalsheimer « Bending space : Georges Rousse and the Durham Project ». L’occasion de suivre Rousse pas à pas sur un projet qui a mobilisé également des dizaines de volontaires enthousiastes. Il y a de quoi. Pour en savoir plus : www.georgesrousse.com
A lire également son portrait dans la rubrique « Regards » de mon site (son travail en 2006 à Esch-Belval au Luxembourg dans une friche industrielle de la sidérurgie (voir photos ci-dessous) et à découvrir une photo exclusive offerte par Georges dans la rubrique « L’histoire sans fin » de mon site toujours.




photos © Francis Kochert - reproduction interdite sans autorisation

mercredi 21 mai 2008

Mai 68, parole de murs…

Comme Daniel Cohn-Bendit, je n’ai pas la nostalgie de mai 68 – j’avais tout juste 18 ans alors ! –  mais j’en ai bigrement aimé l’esprit. 
Et si la passion m’est venue des murs qui parlent, c’est bien de ce creuset libertaire, festif, inventif. Je conserve comme  l’un de mes livres les plus précieux « Les murs ont la parole, Journal mural Mai 68 » paru chez Tchou … le 12 juin 1968, jour précis de mon anniversaire. Encore un hasard objectif, comme diraient les Surréalistes. Sur les murs de la Sorbonne, de Censier, Nanterre, Concorcet, Assas, Julien Besançon avait alors recueilli des perles  comme « Le rêve est réalité », « Les murs ont des oreilles. Vos oreilles ont des murs. », « J’ai quelque chose à dire, mais je sais pas quoi », « Le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend »…  Chouette, ce petit bouquin d’aphorismes spontanés, dont je possède un exemplaire original, vient tout juste d’être réédité. 

En réalité, il se publie un fatras de pavés en ce moment sur le sujet 68. Un de mes préférés, l’un des plus travaillés aussi, est celui de l’historienne et universitaire Michèle Zancarini-Fournel : Le moment 68, une histoire contestée (Le Seuil). J’aurai le plaisir d’accueillir l’auteur autour d’une table ronde sur mai 68 dans le cadre de la 21e édition de l’Eté du Livre à Metz le samedi 7 juin à 14h30, avec Daniel Picouly (68, mon amour chez Grasset), l’architecte Roland Castro (un des leaders historiques du mouvement situationniste libertaire « Mao-Spontex »), et Patrick Mahé (ancien rédacteur en chef de Paris-Match et auteur du bel album 68, nos années choc paru chez Plon).

En prime, voici une image inédite de mur en mai 68 à Paris. Elle fait partie d’un ensemble de photos réalisées à l’époque par Bertrand Barré (passionné de photos de murs lui aussi) qui a numérisé toute une série formidable de diapos qu'il a eu l'amitié de m'envoyer et que l’on pourra bientôt consulter sur mon site paroles-de-murs.net. Conseiller scientifique d’Areva, Bertrand est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont l’excellent Atlas mondial des énergies paru l’an dernier aux éditions Autrement.
Sites à consulter :
www.etedulivre.net
www.bertrandbarre.com

photo © Bertrand Barré - reproduction interdite sans autorisation

lundi 31 mars 2008

Il y a longtemps que je t'aime

Avec « Il y a longtemps que je t’aime », Philippe Claudel signe en tant que réalisateur son premier long métrage. Il y dévoile en images une nouvelle et impeccable facette de son talent de narrateur, de guetteur d’âmes, de révélateur d’instants vrais et profonds, universels… Philippe a travaillé la matière d’un film translucide et beau comme une pâte de verre de Daum : coloré dans la masse de teintes mates et lumineuses, d’une élégance discrète et subtile, à la forme polissée, aux lignes sensuelles. Une œuvre à la fois fragile et durable, d’une maîtrise contenue. La marque de Claudel en littérature comme à l’écran. J’ai eu plaisir à lire, avant de voir le film, la «Petite fabrique des rêves et réalités» qu’il vient de publier chez Stock en manière d’accompagnement, d’exploration intime du travail par les mots, après que les images aient été fixées sur la pellicule. Une démarche révélatrice de la dualité qui hante l’auteur, fait écho dans son œuvre indissociablement. Cette plongée en amont dans la matière, l’envers du décor, m’a en quelque sorte exonéré de la position du spectateur captif. J’étais comme libéré de l’enchaînement narratif des séquences, me retrouvant dans la position jubilatoire du cinéphile. Celui, par exemple, qui a vu dix, vingt fois sans jamais se lasser « Les ailes du désir » de WimWenders tant la richesse de chaque plan, cadrage, chaque lumière, chaque expression ou dialogue, bruits, son, s’articulent comme autant de joyaux qui font sens, contribuent de manière inusable à la jouissance de l’œuvre par la multiplicité, la complémentarité des intentions de l’auteur, des mondes qu’il dévoile.

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dimanche 23 mars 2008

À la frontière du Sud-Liban

Photo © Philippe Marque

De passage au Sud Liban pour un reportage avec les troupes françaises qui patrouillent  pour sécuriser la frontière entre le Hezbollah et Israël, le reporter Philippe Marque a pris une série de photos particulièrement parlantes d’une fresque murale qui reflète parfaitement la tension, les traumatismes du conflit. Merci, Philippe, d’avoir pensé à m’envoyer ces images. Une véritable tapisserie de Bayeux hélas très contemporaine qu’on pourra bientôt voir sur mon site www.paroles-de-murs.net dans son intégralité

mardi 11 mars 2008

Israël au Salon du Livre : polémiques stériles

L’Etat d’Israël célèbre cette année le soixantième anniversaire de sa création. A cette occasion, le Salon du Livre de Paris a choisi de mettre en lumière des auteurs Israéliens, arabes et juifs. Une invitation sujette à des polémiques prévisibles, mais déplacées. Et stériles, de mon point de vue, tant la littérature est par essence universelle. 
"Ceux qui appellent au boycottage ne s’opposent pas à la politique d’Israël mais à son existence. Ils disent qu’Israël ne doit pas être au Salon du Livre parce qu’ils pensent tout simplement qu’Israël ne doit pas être… " Je partage cette opinion d’Amos Oz. L’auteur du formidable roman autobiographique "Histoire d’amour et de ténèbres" (Gallimard) est considéré à juste titre comme l’un des écrivains  israéliens parmi les plus importants avec Aharon Appelfeld, ou Avraham B. Yehoshua, mais aussi l'un des plus grands auteurs de la littérature contemporaine. Amos Oz est également connu pour son engagement ardent dans la recherche de la paix entre Israéliens et Palestiniens.
"Dans ce Salon ne sont pas exclus les écrivains arabes israéliens, comme l'atteste la présence de Sayed Kashua et de Naim Araidi au sein de cette délégation. Une identité multiple, à l'image de ce pays, et qui ne se définit en aucun cas comme la négation de l'autre, celle du Palestinien, ce dont témoignent la majorité des écrits des auteurs invités" rappelle utilement David Chemla, président de l'association La paix maintenant dont Amos Oz est l’un des co-fondateurs.
Retrouvez les auteurs invités sur le site du Salon : www.salondulivreparis.com
J’en profite pour vous livrer ma sélection personnelle d’ouvrages parus  récemment : "Vie et mort en quatre rimes", délicieux roman sur l’être profond d’un écrivain par Amos Oz (Gallimard), "Hemingway et la pluie des oiseaux morts" (Gallimard) où Boris Zaidman aborde la question de l’immigration russe en Israël, "Pourquoi n’es-tu pas venue avant la guerre ?" portrait sensible d’une femme rescapée de la Shoah par Lizzie Doron  (éditions Héloïse d’Ormesson).
Je vous recommande également la lecture du n°6 "Spécial Israël" de la revue Le meilleur des mondes, publiée par Denoël. Un document précieux pour comprendre l’évolution et les enjeux de la société israélienne avec ses zones d’ombre et de lumière. A lire aussi "Chrétiens en Terre Sainte : disparition ou mutation ? " un travail de fond mené pare la journaliste Catherine Dupeyron sur de cruciales interrogations (Albin-Michel).
Côté littérature palestinienne, vous trouverez chez Actes Sud l’œuvre incontournable de Mahmoud Darwich, né en 1942 en Galilée, chef de file de la poésie arabe contemporaine, et qui vit  actuellement à Ramallah. A lire également "Checkpoint" roman du député arabe israélien Azmi Bishara (Actes Sud), ainsi que la  trimestrielle Revue d’Etudes Palestiniennes dirigée par Elias Sanbar (édition de Minuit).

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