L’un, passionné d’univers urbains, a
découvert pour la première fois Alger en 2006, sa lumière méditerranéenne, sa
poésie de ville portuaire fascinante et déglinguée, l’énergie de sa population
attachante et sa jeunesse bridée. Une révélation.
L‘autre a puisé ses racines, son inspiration, sa générosité dans son Constaninois natal, rugueux et fier. Tous deux sont photographes à Metz, l’un à la Mairie de Metz, l’autre au Républicain Lorrain.
Christian Legay et Karim Siari étaient faits pour se rencontrer. Ils possèdent une même et exigeante passion professionnelle pour l’image, mais aussi un goût des autres inné. Leurs images croisées, exposées une première fois dans le hall d’accueil du théâtre de Metz l’an dernier, ont trouvé le chemin des Trinitaires où ils proposent leur regard croisé, fertile, nourrissant sur une Algérie complexe et méconnue.
À découvrir à travers deux styles, deux approches complémentaires de l’image une même passion de la lumière, des couleurs et des formes, des cultures et des gens.

photo 1 © Christian Legay. Photo 2 © Karim Siari.
L'Algérie. Photographies de Christian Legay et Karim
Siari.
Exposition auxTrinitaires à Metz jusqu’au 29 juin, de 14h à
19h.













La 21e édition de l’Eté du Livre
se déroulera à Metz du 6 au 8 juin 2008 sur le thème « De mai 68 au Tibet, le
livre vecteur de liberté ». Membre du comité de l’Eté du Livre, j’ai
été plus particulièrement chargé de travailler sur la thématique et
l’organisation de rencontres et tables rondes. J’aurai le plaisir d’en
présenter plusieurs, les voici:


Comme Daniel Cohn-Bendit, je
n’ai pas la nostalgie de mai 68 – j’avais tout juste 18 ans alors ! –
mais j’en ai bigrement aimé l’esprit.
Avec « Il y a longtemps
que je t’aime », Philippe Claudel signe en tant que réalisateur son premier
long métrage. Il y dévoile en images une nouvelle et impeccable facette de son
talent de narrateur, de guetteur d’âmes, de révélateur d’instants vrais et
profonds, universels… Philippe a travaillé la matière d’un film
translucide et beau comme une pâte de verre de Daum : coloré dans la masse de
teintes mates et lumineuses, d’une élégance discrète et subtile, à la forme
polissée, aux lignes sensuelles. Une œuvre à la fois fragile et durable, d’une
maîtrise contenue. La marque de Claudel en littérature comme à l’écran. J’ai eu
plaisir à lire, avant de voir le film, la «Petite fabrique des rêves et
réalités» qu’il vient de publier chez Stock en manière d’accompagnement,
d’exploration intime du travail par les mots, après que les images aient été
fixées sur la pellicule. Une démarche révélatrice de la dualité qui hante
l’auteur, fait écho dans son œuvre indissociablement. Cette plongée en amont
dans la matière, l’envers du décor, m’a en quelque sorte exonéré de la position
du spectateur captif. J’étais comme libéré de l’enchaînement narratif des
séquences, me retrouvant dans la position jubilatoire du cinéphile. Celui, par
exemple, qui a vu dix, vingt fois sans jamais se lasser « Les ailes du
désir » de WimWenders tant la richesse de chaque plan, cadrage, chaque
lumière, chaque expression ou dialogue, bruits, son, s’articulent comme autant
de joyaux qui font sens, contribuent de manière inusable à la jouissance de
l’œuvre par la multiplicité, la complémentarité des intentions de l’auteur, des
mondes qu’il dévoile.
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